1 On ne cherche pas un restaurant, on cherche un plat
Une part considérable des recherches qui remplissent une salle ne contient pas le mot restaurant. Elles contiennent un plat et un lieu : où manger un cassoulet correct, quel établissement sert encore un vrai tartare coupé au couteau, qui fait un menu végétarien dans tel arrondissement.
Ces recherches ont une intention immédiate et une concurrence faible, parce qu'elles supposent que le nom du plat soit écrit quelque part en texte. C'est précisément ce qui manque dans l'immense majorité des sites du secteur.
2 Ce que le menu en PDF vous coûte
Publier sa carte sous forme de document à télécharger ou d'image scannée paraît pratique. Cela annule pourtant trois choses à la fois, et chacune se répare sans difficulté.
Le nom des plats devient introuvable
Un moteur de recherche lit très mal un PDF et pas du tout une photographie de carte. Vos spécialités, qui sont vos meilleurs termes de recherche, n'existent alors nulle part sous forme lisible. Vous êtes invisible sur ce que vous faites de mieux.
Le visiteur ne peut pas traduire
Un texte en page web se traduit d'un geste sur un téléphone. Une image, non. Le visiteur étranger reste donc devant une carte qu'il ne comprend pas, et va manger ailleurs plutôt que de risquer une commande au hasard.
La carte n'est jamais à jour
Refaire un PDF demande le fichier d'origine, le logiciel et quelqu'un qui sache s'en servir. Résultat, la carte en ligne date de l'an dernier, avec des prix faux et des plats disparus. Cela produit surtout des clients mécontents avant même d'être assis.
Qu'il faille renoncer à une belle carte imprimée. Le document graphique garde toute sa place en salle et pour l'affichage réglementaire en devanture. Il s'agit seulement de doubler ce document par une version en texte sur le site, qui prend une heure à créer et se corrige en deux minutes quand un prix change.
3 La réservation d'un client qui vous avait déjà choisi
Le mécanisme est le même que dans l'hôtellerie. La plateforme fait découvrir votre établissement à des gens qui ne vous connaissaient pas, ce qui a une valeur réelle. Mais elle encaisse aussi une commission sur tous ceux qui vous avaient déjà choisi et qui sont passés par elle faute de trouver un moyen simple de réserver chez vous.
Tapez le nom de votre restaurant en navigation privée. Si les premiers résultats sont des plateformes et que votre site suit loin derrière, une partie de vos couverts vous coûte une commission qu'elle ne devrait pas coûter. C'est la première fuite à traiter, et la moins chère.
4 Le midi et le soir sont deux commerces différents
La clientèle du déjeuner et celle du dîner n'ont ni les mêmes contraintes, ni le même budget, ni le même vocabulaire de recherche. Le midi, on cherche une formule, une rapidité, une proximité avec un bureau. Le soir, on cherche une ambiance, une cuisine, une occasion.
Traiter les deux sur la même page revient à répondre à moitié aux deux. Une page consacrée à la formule du déjeuner, avec le prix, la durée du service et ce qui est compris, capte une demande quotidienne et très locale que presque personne n'adresse explicitement.
5 Le terrain que la plateforme ne peut pas occuper
Votre fiche d'établissement se déclenche sur les recherches de proximité immédiate, celles de quelqu'un qui est dans la rue et décide en trois minutes. Photographies récentes, horaires exacts, y compris les fermetures, et réponses aux avis : c'est le seul emplacement que vous contrôlez entièrement.
Le contenu des avis y travaille comme un texte que vous ne pouvez pas écrire vous-même. Un client qui mentionne un plat par son nom associe ce plat à votre maison bien mieux qu'une page de présentation, et notre guide sur la fiche Google détaille la façon de l'encourager sans forcer.
6 Les régimes, une demande mal servie
Végétarien, végétalien, sans gluten, sans porc : ces recherches ont une caractéristique qu'aucune autre n'a en restauration. La personne qui les fait ne choisit pas parmi vingt adresses, elle cherche celles où elle peut simplement manger.
La France est en retard sur ce terrain, ce qui le rend d'autant moins disputé. Une page qui indique précisément ce que vous proposez, ce que vous pouvez adapter et ce que vous ne pouvez pas garantir, attire une clientèle fidèle qui revient et qui amène ses proches, parce qu'elle choisit le restaurant pour tout le groupe.
Le visiteur qui ne sait pas lire la carte
À Paris, une part importante de la salle ne lit pas le français. Le problème dépasse la traduction : même traduits, les noms de préparations, de coupes de viande et de spécialités régionales ne disent rien à quelqu'un qui n'a pas grandi avec.
Une ligne d'explication sous les plats qui le méritent transforme une hésitation en commande, et c'est aussi ce qui distingue une carte traduite d'une carte compréhensible. Notre guide sur l'écriture pour le visiteur étranger détaille où passe la limite entre traduire et réécrire.
À faire cette semaine
Recopiez votre carte en texte sur une page de votre site, plat par plat, avec le prix. Une heure de travail. Puis ajoutez une phrase d'explication sous les cinq plats les moins évidents pour quelqu'un qui n'est pas d'ici. C'est la modification la plus rentable que vous puissiez faire sur votre site, et la plus simple à maintenir ensuite.