1 Ce que le référencement ne fera pas pour vous
Autant commencer par la limite. Votre fidèle du mardi matin ne vous a pas trouvé sur internet et ne vous y cherchera jamais. Il vous a connu par la vitrine, par une voisine, par habitude, et il reprend rendez-vous en partant ou par téléphone. Sur ce flux, votre visibilité en ligne ne change rien.
C'est d'ailleurs pour cela que beaucoup de salons ont conclu, à juste titre, que le sujet ne les concernait pas. La conclusion serait exacte s'il n'existait pas un second client, entièrement différent, qui lui ne peut vous trouver que d'une seule façon.
2 Celui qui cherche vient d'ailleurs
Trois situations produisent la quasi-totalité des recherches du secteur, et elles ont un point commun : la personne ne connaît personne dans le quartier et n'a personne à qui demander.
Il y a le voyageur, qui passe quelques jours en ville. Le nouvel arrivant, qui vient d'emménager et doit tout reconstruire, du médecin au coiffeur. Et celui qui a été déçu, qui change de salon après un mauvais résultat et cherche cette fois avec beaucoup plus de précision. Les deux premiers cherchent un lieu, le troisième cherche une compétence.
3 Comment cherche le voyageur
C'est le segment le plus sous-estimé du métier, et son comportement est très particulier. Un séjour de quelques jours crée une urgence : on veut être bien coiffé pendant le voyage, pas au retour, et souvent dès le lendemain de l'arrivée après une journée d'avion.
Il cherche depuis chez lui
La réservation se fait fréquemment avant le départ, depuis un autre pays, parfois plusieurs semaines à l'avance. Cela signifie que la prise de rendez-vous doit être possible à distance et sans appel téléphonique, ce qui est rarement le cas.
Il cherche autour de son logement
Il ne connaît ni les rues ni les habitudes du quartier. Son seul repère est son hôtel ou son logement de location, et il cherche donc à proximité de ce point précis. Mentionner les repères du secteur, la station la plus proche et le temps de marche depuis les grands axes vaut plus qu'une description de votre décoration.
Ce n'est pas toujours lui qui cherche
Détail que presque personne n'anticipe : la personne qui fait la recherche n'est souvent pas celle qui viendra s'asseoir. Un conjoint organise pour l'autre, un ami pour le groupe, un assistant pour un dirigeant. Celui qui cherche doit donc pouvoir juger à votre place et transmettre : une adresse claire, un prix, un créneau, une photographie du salon.
Qu'il faille se transformer en salon pour touristes. Ce client est ponctuel, il ne remplacera jamais votre clientèle fidèle et ce n'est pas le but. Mais il paie plein tarif, il ne négocie pas, il vient souvent en dehors de vos heures de pointe, et il ne vous coûte rien à conserver puisqu'il repart. C'est un complément, pas une conversion.
4 La spécialité, pour celui qui a été déçu
Le troisième client cherche autrement. Il ne veut pas un salon proche, il veut quelqu'un capable de traiter une matière précise, après s'être fait rater ailleurs. Ses recherches sont chargées d'inquiétude et très spécifiques : cheveux bouclés, crépus, très fins, une couleur à rattraper, une transition vers le naturel.
Vous savez parfaitement ce que vous faites mieux que le salon d'en face, et cela ne figure nulle part sur votre site, par crainte de restreindre votre clientèle. C'est l'inverse qui se produit : un salon connu pour les boucles continue de couper des cheveux raides toute la journée, et gagne en plus des gens prêts à traverser Paris. La preuve la plus efficace n'est pas une belle photographie de coiffure, c'est un avant et un après sur une vraie cliente, avec une phrase sur la difficulté et ce qui a été fait.
5 Le terrain qu'une plateforme ne peut pas occuper
Les plateformes de réservation rendent un service réel et se positionnent bien sur les recherches génériques du quartier. Elles n'ont en revanche ni vitrine, ni fauteuil, ni équipe. Votre fiche d'établissement affiche ce qu'aucun agrégateur ne possède : des photographies du salon réel, vos horaires exacts, et des avis auxquels vous répondez.
C'est aussi le premier endroit que consulte le voyageur, parce qu'il y trouve la distance depuis son logement et une idée de l'ambiance. Le contenu des avis y travaille comme un texte que vous ne pouvez pas écrire vous-même, et notre guide sur la fiche Google détaille comment l'encourager sans forcer la main.
6 Le prix, cherché partout et caché partout
Le tarif d'une couleur, d'un balayage ou d'une coupe fait partie des recherches les plus fréquentes du secteur, et presque aucun salon ne l'affiche. La crainte est compréhensible, puisque le prix dépend de la longueur et du temps passé.
Elle coûte pourtant cher sur les deux segments qui cherchent. Le voyageur ne peut demander à personne et renonce plutôt que de risquer une mauvaise surprise dans une devise qu'il convertit mal. Celui qui change de salon compare, et se dirige vers celui qui a osé annoncer une fourchette. Un intervalle assorti de ce qui le fait varier lève l'objection sans vous engager.
Recevoir quelqu'un qui ne parle pas français
C'est le point de blocage réel de ce métier, et il dépasse la traduction. Expliquer ce que l'on veut pour ses cheveux est difficile dans sa propre langue ; dans une langue étrangère, cela devient effrayant, et beaucoup de gens renoncent purement et simplement pendant leur séjour.
Indiquer que l'on peut être reçu en anglais, et qu'une photographie de référence suffit à se faire comprendre, désamorce exactement cette peur. Notre guide sur l'écriture pour le visiteur étranger explique où passe la limite entre traduire et rassurer.
À faire cette semaine
Vérifiez qu'un rendez-vous peut être pris sans téléphoner, depuis l'étranger, à toute heure. Puis ajoutez sur votre fiche la station la plus proche et le temps de marche, et une fourchette de prix pour vos trois prestations principales. Ce sont les trois informations que cherche quelqu'un qui ne connaît ni votre rue ni votre langue.