1 La fenêtre de trente secondes
Le spectateur qui vient de vous découvrir ne reviendra pas chercher plus tard. Il cherche maintenant, entre deux morceaux, et s'il ne trouve rien il repose son téléphone et vous oublie avant la fin de la soirée.
Ce moment est une chance que presque aucun autre métier ne reçoit : une personne convaincue, à l'instant précis où elle est convaincue. Le gâcher parce qu'il n'existe rien à trouver est la perte la plus évitable du secteur, et elle se répète à chaque date.
2 Votre nom est un mauvais terme de recherche
C'est le nœud du problème, et il n'est pas de votre faute. Les noms de groupe sont choisis pour sonner juste, jamais pour être tapés correctement par quelqu'un qui les a entendus une fois, de loin, par-dessus une batterie.
Le nom mal entendu
Entre l'accent, le volume et l'annonce faite au micro, la moitié de la salle retient une version approximative. Une page qui mentionne les variantes plausibles, y compris les orthographes fautives les plus fréquentes, se laisse trouver par ceux qui tapent de travers.
Les homonymes
Un nom court en français a de bonnes chances d'être partagé avec un groupe étranger, une marque ou un mot courant. Vous n'apparaissez alors nulle part. Associer systématiquement votre nom à un mot qui vous situe, la ville ou le style, règle la plus grande partie du problème.
Le morceau plutôt que le groupe
Beaucoup de gens ne retiennent pas le nom du groupe mais celui d'une chanson, ou une reprise qu'ils ont reconnue. Publier votre répertoire en texte, titres et compositeurs, crée autant de points d'entrée que de morceaux joués, et c'est le contenu le plus simple à produire.
Qu'il faille changer de nom ou renoncer à ce qui vous plaît. Le nom sert d'abord sur scène, sur une affiche et dans la bouche des gens, et c'est très bien ainsi. Il s'agit seulement de compenser sa faiblesse en recherche par autre chose, ce qui prend une page et n'oblige à renier aucun choix artistique.
3 Le site ne remplace pas vos réseaux
Votre activité vit sur les réseaux, et c'est parfaitement adapté : le format court convient à la musique, l'audience y est déjà, et une vidéo de concert y circule mieux que partout ailleurs. Un site ne remplacera jamais cela et n'a aucune raison d'essayer.
Il fait trois choses que les réseaux ne font pas. Il apparaît dans une recherche, ce qu'un profil ne fait que sur votre nom exact. Il vous appartient, alors qu'un compte peut être restreint ou fermé sans préavis. Et il accepte ce qui n'a pas sa place dans un fil : un répertoire complet, des conditions, une fourchette de prix, une fiche technique. Le réseau attire, le site conserve et convainc.
4 L'événement, la seule recherche qui convertit
Il faut être clair sur un point que beaucoup de prestataires laissent dans le flou : un patron de bar ne cherche pas de groupe sur internet. Il en voit passer un par semaine, il a une liste, et l'offre dépasse largement la demande de son côté. Se positionner pour être trouvé par lui est un mauvais calcul.
L'événement privé fonctionne exactement à l'inverse. Un couple qui se marie, une entreprise qui organise une soirée, une famille qui prépare un anniversaire important : ces gens-là ne connaissent personne, ont une date fixe, un budget réel, et cherchent activement. C'est la seule demande du secteur qui arrive par la recherche et qui se conclut par un contrat.
Chaque occasion mérite sa page, parce que les questions diffèrent. Un couple, ou le prestataire qui organise pour lui, veut savoir si vous jouez pendant la cérémonie et le cocktail, combien de temps, ce qu'il faut prévoir en électricité, et si vous connaissez tel morceau. Une entreprise veut une facture en règle, une durée ferme et un volume maîtrisé.
5 Quand c'est vous qui démarchez
Puisque le lieu ne vous cherchera pas, c'est vous qui irez vers lui. Et à cet instant, votre site cesse d'être un outil de visibilité pour devenir une carte de visite. Le gérant que vous venez d'aborder va regarder quelque chose avant de répondre, et ce qu'il trouvera décide.
Ce qu'il cherche est très concret : à quoi vous ressemblez sur scène, combien vous êtes, quelle place et quelle alimentation il faut prévoir, à quel volume vous jouez, et surtout comment il peut vous payer sans se mettre en difficulté. Une page qui répond à ces questions transforme une conversation hésitante en date fixée, et elle sert à chaque démarchage sans jamais être réécrite.
6 La page du lieu où vous jouez
Chaque bar, salle ou restaurant qui vous programme publie un agenda. Y figurer avec votre nom exact et un lien vers votre page sert d'abord le spectateur : c'est là qu'il regarde quand il cherche qui joue ce soir sans avoir retenu le nom.
Le lien lui-même renforce ensuite votre visibilité générale, et il s'accumule à chaque date. Presque aucun musicien ne le demande, presque tous les lieux acceptent, et la démarche tient en un message. C'est le seul travail de cette page dont l'effet grandit chaque fois que vous montez sur scène.
Jouer devant une salle qui ne parle pas français
À Paris, une part du public d'un bar est étrangère, et une part des organisateurs aussi : mariages internationaux, entreprises, événements privés de résidents étrangers. Ces demandes existent et ne sont presque pas servies.
Une page en anglais décrivant votre formation, votre répertoire et vos conditions suffit à capter une clientèle qui décide vite et dispose souvent d'un budget supérieur. C'est le sujet de notre page sur le référencement international.
À faire cette semaine
Publiez votre répertoire en texte, titre par titre : c'est une heure de travail et cela crée autant de portes d'entrée que de morceaux. Puis écrivez la page mariage, avec la formation, la durée, le besoin technique et une fourchette de prix. Ce sont les deux pages qui rapportent, l'une au spectateur, l'autre au contrat. Et si vous doutez encore que la démarche vaille la peine pour votre activité, notre guide faut-il investir dans le référencement pose la question sans détour.